Anecdotes plantes
 
Orties et poésie
 
Victor Hugo, Les Contemplations
J'aime l'araignée et j'aime l'Ortie.
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
Leur morne souhait :

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
0 sort ! fatal nœud !
Parce que l'Ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux ;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu 'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.

Passants faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,

Pour peu qu 'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La mauvaise bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !
 
Orties et culture populaire
  • Des plants d'Orties répandus dans la maison chassent les mauvaises influences.
  • Un bouquet d'Orties fraîches glissé sous le lit d'un malade aide à sa guérison.
  • Pour prendre aisément un poisson à la main dans les rivières il faut s'enduire la peau de suc d'Ortie mélangé à celui d'Estragon.
  • Pour chasser la peur on tenait en main un bouquet d'Orties et d'Achillées mille-feuilles. Variante : on tenait sur soi un bouquet d'Orties.
  • Les Islandais croient que cette plante, qu'ils nomment Netia, a la vertu de préserver des sortilèges, et ils conseillent d'en former des verges pour frapper les sorciers à nu.
  • Enfin sa présence était censée chasser les grenouilles des ruchers.

Symbolisme de la citrouille

Dans le conte de Perrault, Cendrillon, la bonne fée creusa une citrouille et la frappa de sa baguette : elle fut aussitôt changée en un beau carrosse tout doré.

Hallowe'en, qui vient de hallow, " consacrer, sanctifier ", se célèbre la veille de la Toussaint, la fête des morts, dont on croyait jadis qu'ils revenaient sur terre ce jour-là. Or, le retour des défunts qui reposent sous terre avec les graines qui plus tard germeront annonce, à l'entrée de l'hiver, la promesse de la renaissance printanière. Aussi, jadis, en Bretagne, les citrouilles étaient-elles mises en rapport avec la Résurrection, les graines que l'on semait le vendredi saint donnaient, disait-on, naissance à des citrouilles grosses comme des chênes. Si la citrouille est emblème d'abondance et de prospérité, ce n'est pas seulement parce qu'elle est le plus gros des fruits de la terre, mais parce qu'elle est remplie d'innombrables pépins, embryons d'une vaste descendance.
C'est pourquoi, en Chine, on la considérait comme le premier des légumes, l'empereur des végétaux. Les Taï du nord du Laos voyaient même dans les courges portées par la liane qui formait l'axe du monde le lieu de leur origine. Ces fruits contenaient non seulement toutes les races humaines, toutes les variétés de riz, mais les textes de toutes les sciences secrètes. Source de vie, la courge était de ce fait le symbole de la régénération et pour les taoïstes ses graines étaient nourriture d'immortalité. Elles devaient se consommer au printemps. Certains Indiens d'Amérique voyaient dans la citrouille l'œuf cosmique d'où sortit le monde.