Parce
qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles
sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
Parce qu'elles sont prises
dans leur oeuvre ;
0 sort ! fatal nœud !
Parce que l'Ortie est une
couleuvre,
L'araignée un gueux ;
Parce qu'elles ont l'ombre des
abîmes,
Parce qu'on les fuit,
Parce qu 'elles sont toutes deux
victimes
De la sombre nuit.
Passants faites grâce à la plante
obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !
Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un
baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les
écraser,
Pour peu qu 'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin
du jour,
La mauvaise bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !
Orties et culture
populaire
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Des plants d'Orties répandus dans la maison chassent
les mauvaises influences.
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Un bouquet d'Orties fraîches glissé
sous le lit d'un malade aide à sa guérison.
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Pour prendre aisément un poisson à la
main dans les rivières il faut s'enduire la peau de suc d'Ortie mélangé à
celui d'Estragon.
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Pour chasser la peur on tenait en main
un bouquet d'Orties et d'Achillées mille-feuilles. Variante : on tenait sur
soi un bouquet d'Orties.
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Les Islandais croient que cette
plante, qu'ils nomment Netia, a la vertu de préserver des sortilèges, et ils
conseillent d'en former des verges pour frapper les sorciers à
nu.
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Enfin sa présence était censée chasser
les grenouilles des ruchers.
Symbolisme de la
citrouille
Dans le conte de Perrault,
Cendrillon, la bonne fée creusa une citrouille et la frappa de sa baguette :
elle fut aussitôt changée en un beau carrosse tout doré.
Hallowe'en, qui vient de hallow, " consacrer, sanctifier ", se célèbre
la veille de la Toussaint, la fête des morts, dont on croyait jadis qu'ils
revenaient sur terre ce jour-là. Or, le retour des défunts qui reposent sous
terre avec les graines qui plus tard germeront annonce, à l'entrée de l'hiver,
la promesse de la renaissance printanière. Aussi, jadis, en Bretagne, les
citrouilles étaient-elles mises en rapport avec la Résurrection, les graines que
l'on semait le vendredi saint donnaient, disait-on, naissance à des citrouilles
grosses comme des chênes. Si la citrouille est emblème d'abondance et de
prospérité, ce n'est pas seulement parce qu'elle est le plus gros des fruits de
la terre, mais parce qu'elle est remplie d'innombrables pépins, embryons d'une
vaste descendance.
C'est pourquoi, en Chine, on la considérait comme le
premier des légumes, l'empereur des végétaux. Les Taï du nord du Laos voyaient
même dans les courges portées par la liane qui formait l'axe du monde le lieu de
leur origine. Ces fruits contenaient non seulement toutes les races humaines,
toutes les variétés de riz, mais les textes de toutes les sciences secrètes.
Source de vie, la courge était de ce fait le symbole de la régénération et pour
les taoïstes ses graines étaient nourriture d'immortalité. Elles devaient se
consommer au printemps. Certains Indiens d'Amérique voyaient dans la citrouille
l'œuf cosmique d'où sortit le monde.